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Les impressions de Céline à l'issue de la séance du conseil municipal du 2 février 2016...

 

Les problèmes que connaissent les agents hospitaliers de l'hôpital Layné n'étant pas du tout réglés, un nouveau rassemblement des agents a eu lieu devant la mairie avant la tenue du conseil. Mont2Gauche soutenant vivement ce mouvement, j'étais forcément avec eux encore de 18h30 à 19h. Les élus du PS, comme ceux de la majorité municipale, ont soigneusement évité de passer devant le rassemblement, et, tête et yeux baissés, ont gagné la porte d'entrée en rasant le mur. 

À 19h, nous sommes entrés dans la mairie. 

Les agents sont restés trois-quarts d'heure afin d'informer les membres du conseil de l'impossibilité à obtenir un vrai dialogue social avec la direction, ont rappelé leur souffrance, remercié Mont2Gauche pour son soutien (M2G avait préalablement déposé un vœu sur ce sujet) et interpelé les autres élus pour connaître leur position, en particulier ceux du groupe PS-PCF. Le docteur Didier Simon (PS), arrivé à 19h15, n'a pas beaucoup apprécié : il s'est énervé et, utilisant la bonne vieille méthode de l'opposition public/privé et le très connu stratagème du "diviser pour mieux régner", a expliqué que ce qui l'inquiétait le plus c'était la pénurie de médecins. Employant parfois des mots peu châtiés, voire grossiers ("Si vous ne me laissez pas parler, j'arrête et je ferme ma gueule !"), il a fini par lancer aux agents : "Le contexte est difficile, ne sciez pas la branche sur laquelle vous êtes assis", métaphore à peine voilée pour leur expliquer que, ma foi, leur situation n'est pas si mauvaise (ben oui, « il y a toujours pire ailleurs, de quoi te plains-tu ? »), et que la loi Touraine n'est pas si mauvaise non plus. Bon, c'est juste un copié-collé de la loi Bachelot, mais, là, on ne peut plus rien dire, ce sont les amis qui gouvernent... M2G trouve ridicule l'idée de tenter de diviser les gens, d'autant que le service public travaille et se bat pour tout le monde. Mais comme l'a dit le docteur Simon : "Je ne vais pas vous signer un chèque ce soir."

L'élu FN, arrivé à 19h05 et qui a été obligé de se frayer un chemin à travers la foule pour atteindre sa place - dur dur -, voyant que le papier déposé devant chaque élu n'était qu'un document de l'intersyndicale, l'a rageusement repoussé ; aucun intérêt... Culture, luttes sociales, défense du service public, il n'y a pas grand-chose qui l'intéresse...

Quant à Mme le Maire, elle a continué à soutenir la Direction, rappelant aussi que 50 personnes avaient été embauchées, ce qui n'était pas rien. Or, comme l'ont expliqué les agents, il s'agissait en réalité de compenser 48 départs à la retraite. Tu parles d'une sacrée embauche, d'un sacré effort budgétaire !!! Ou l'art de faire dire ce que l'on veut aux chiffres...

Finalement, la conclusion est tombée de la bouche de Mme le Maire : "Ce n'est pas au niveau du conseil municipal que l'on peut résister !" Non, incroyable ! Argument vraiment pertinent... Décidément, résister est un mot que l'élue MoDem n'aime pas. Et décidément (bis), on ne peut résister à rien en conseil municipal : ni au TAFTA (vœu de M2G interdit en juin 2014), ni à la réforme territoriale (vœu rejeté en octobre 2014), ni aux créances toxiques, ni au massacre de l'hôpital public ! Mais à quoi servent les élus ??? 

Mme le Maire botte en touche et demande aux agents de se rapprocher du président du Conseil départemental. Pourquoi donc ? Est-ce lui le président du conseil de surveillance de l'hôpital, ou elle ? Certes, en tant que député, Henri Emmanuelli ne s'est pas opposé à la loi Touraine... Mais, en tant que maire, Mme Darrieussecq pourrait considérer les difficultés du personnel soignant avec un peu plus d'intérêt, plutôt que de taper le rythme sur la table au son de la chanson "Un autre monde", comme elle l'a fait lors du conseil du 21 décembre. Or un fossé sépare "un autre monde" d' "un autre Mont2", qu'on se le dise !

 

Vers 19h45, les agents quittent la salle. Le conseil débute. Donc, tout ce qui vient d'être prononcé ne sera pas inscrit au PV. Toutefois, concernant le conseil précédent (21 décembre 2015), au début duquel l’intersyndicale de l’hôpital Layné était également venue exposer les difficultés des agents et dénoncer le monologue du directeur, ce qui a été dit après le début du conseil et avant l'interruption de séance n'a pas été retranscrit au PV qu’on nous a présenté. M2G l'a fait remarquer, et a rappelé les phrases volontairement oubliées afin qu’elles soient bien inscrites au PV cette fois. Mme le Maire a expliqué que ces phrases avaient peu d'intérêt, d'où leur oubli. Mais bien sûr... Moyen surtout commode pour éviter d'avoir à avouer qu'elle avait suspendu la séance et les raisons pour lesquelles elle a dû le faire…

 

Sur les vingt délibérations de la soirée, beaucoup ont demandé des interventions de la part de Mont2Gauche et des explications de vote. En voici quelques-unes : 

- Refus de mettre à disposition les anciennes halles à la société Biltoki car, pour nous, la création d'un intermédiaire nous apparaît inutile et va mettre les PME en situation de dépendance permanente. Rappel que M2G aurait préféré une régie municipale. Moquerie habituelle : "Ce n'est pas notre métier. On ne peut pas faire." Ben, on fait comment avec le marché ??? Ce sont bien des producteurs qui paient un stand à la Ville, sans passer par un intermédiaire...

 

- Refus d'installer des caméras de vidéo-protection à l'école du Peyrouat. Bien sûr que les lieux de la République doivent être respectés. Mais la vidéosurveillance, est-ce le bon moyen ? On nous parle de sécurité alors qu'il s'agit d'éviter des dégradations. Utilisons les mots adéquats. De plus, dans toutes les villes où a été installé ce dispositif, on sait que les incivilités sont déplacées dans un autre endroit. Ce qui ne résout rien au problème. Et quand M2G demande les résultats de la vidéo-protection dans les autres quartiers, il lui est répondu qu'il n'est pas connu. Ajouter des caméras sans connaître le bilan des autres, ça c'est de la gestion efficace ! Pour ces raisons qui oublient l'humain, M2G a été la seule à voter "contre" et à dénoncer cette hypocrisie. 

 

- Refus de signer la convention du "dispositif de sortie des emprunts à risque". Jolie expression pour une triple arnaque : d'abord celle des banques sans scrupules qui ont proposé aux collectivités ce type d'emprunts, ensuite celle des élus (PS en 2006, puis droite en 2009) qui, ayant mis le doigt dans l'engrenage de la finance pourrie, font rembourser leurs erreurs par les contribuables, enfin celle du gouvernement qui propose une "aide" financière aux collectivités (encore sur le dos des contribuables) mais en réalité pour empêcher les collectivités d’attaquer les banques en justice. Et, en juillet 2015, les élus PS et ceux de droite, en acceptant ce protocole transactionnel, se sont rendus coupables d'une grande faiblesse. Mais il est vrai qu' « on ne peut pas résister »... Pourtant d'autres communes résistent et refusent cette "aide" bidon. Ahhh, si l'hôpital était une banque, il serait sauvé !

 

Arrivent les questions diverses :

- M2G avait demandé des éclaircissements quant à l'éventualité d'une aide de fonctionnement au cinéma multiplex de 100 000 euros par an pendant trois ans, comme c'était indiqué dans un courrier municipal. Mme le Maire a assuré que cette aide ne se ferait pas. Nous en prenons acte. Elle a réaffirmé l'intérêt qu'elle trouvait au multiplex en rappelant que ce projet et la volonté d'en subventionner l'investissement (1,5 million d'euros...) sont de sa responsabilité. Si les autres cinémas finissent par fermer, elle portera donc la responsabilité d'avoir mis huit personnes au chômage en se servant de l'argent public !

 

- Il a été accepté de laisser à M2G de proposer son vœu concernant l'hôpital. Qu'y demandions-nous ? D'une part, de laisser exprimer l'inquiétude des membres de notre conseil sur l'état du "dialogue social" au sein des instances paritaires de représentation du centre hospitalier ; d'autre part, de permettre la constitution d'une délégation municipale qui recevrait les représentants de l'intersyndicale et de la direction du centre hospitalier afin de participer au retour serein et constructif du dialogue social. 

Alain Baché (du groupe PS-PCF), pas très à l'aise, a dit qu'il voterait ce vœu si le mot "direction" remplaçait "directeur" et si étaient précisés les noms des syndicats de l'intersyndicale. Très mollement, les "socialistes" ont approuvé le vœu, une fois ces modifications faites. C'était le moins que nous attendions d'eux. 

Mais grandiose a été l'intervention de Mme le Maire qui, expliquant qu'elle ne voterait pas ce vœu, a ordonné à ses (vraiment dociles) colistiers de ne pas le voter non plus. Les élus de la majorité n'ont donc pas le droit d'avoir un avis personnel ? Comment appelle-t-on cela ? Ah oui, confiscation de la démocratie, n'est-il pas ? Elle en ajoute une couche en nous apprenant que, de toute façon, les vœux, ça ne sert à rien. Ah ??? Sinon, peut-être, pouvons-nous lui rétorquer, à débattre de sujets somme toute importants et aussi à voir les positions des élus, du moins quand ils peuvent réellement voter. Mais peut-être parlait-elle des vœux de bonne année, qui, oui, en effet, ne servent pas à grand-chose...

 

M2G a donc une fois de plus été active, au grand dam de son voisin de table, l'élu FN, qui soufflait à chaque intervention. Faut dire aussi qu'il avait fini de jouer avec sa tablette et qu'il voulait partir. Il devait avoir sans doute plus important à faire que ce pour quoi il a été élu... Mais ne s'était-il présenté aux responsabilités, n'avait-il pas fait campagne ? On peut se demander pourquoi... Petite info, comme ça, en passant : lors de son arrivée, une élue de la majorité municipale lui a fait la bise. C'est son droit, évidemment. Mais cela permet de nous rappeler que dans "extrême droite", il y a "droite"...

Mais je dis ça, je ne dis rien. Comme dirait Mme le Maire, "Je dis ça très tranquillement."  :-)

 

Céline, pour M2G.

 

 

 

 

Intervention musclée de Frédéric Lordon au sommet international du plan B

 

Le plan B et les personnes engagées avec veulent promouvoir la recherche d'une solution à notre crise politique, économique et sociale, particulièrement au niveau européen. La politique actuelle ne fonctionne pas, et ne peut pas fonctionner. Il faut donc tout ré-imaginer : c'est ce que le plan B se propose de faire.

Malheureusement, tout est bloqué, car les institutions et les acteurs se tiennent les uns les autres, empêchant une autre politique que celle qui produit les résultats consternants actuels. Il va falloir casser le cadre qui en l'état ne peut être réformé afin de fonctionner. C'est ce que M. F. Lordon dit dans l'extrait qui suit. Même sans être nécessairement de son avis, l'écouter est bénéfique car cela libère la pensée de contraintes que l'on s'inflige sans plus y faire attention. Rien ne nous oblige à conserver l'Euro, ou à rester dans l'Europe. Si nous le faisons, sachons au moins pour quelle raison.

Voici une vidéo de cette intervention. M. Lordon utilise un français relativement difficile et très écrit, il faut s'accrocher pour suivre et comprendre. Cela dit, sa langue est aussi très belle, et elle invite à ciseler sa propre pensée comme M. Lordon cisèle son expression. Pour ses idées et son écriture, son intervention est remarquable !

 


 

 

Travailler plus pour gagner moins !



Mont2Gauche soutient la grève reconductible des agents hospitaliers de Mont-de-Marsan, victimes de la politique néolibérale du gouvernement PS qui impose à l’échelle nationale 10 milliards d’économies sur le dos de l’hôpital public.

À Mont-de-Marsan, le directeur de l’hôpital Layné a choisi, sans aucune négociation avec les syndicats, de supprimer les bonifications des agents (dont le salaire médian mensuel est de 1260€) leur permettant de gravir les échelons dans la carrière. Pour un agent, cela représente une perte de 1000€ annuels. Pour l’hôpital, l’économie réalisée atteindra ainsi 300 000€. Or cette somme est une goutte d’eau dans un budget de 170 millions d’euros ! Le directeur explique que cette économie permettra l’embauche de contractuels. Mais est-ce au personnel de payer et de subir ce chantage ?

En outre, cette « économie », qui en réalité correspond à la suppression des droits des employés de plus en plus épuisés et pressurés, n’est que l’arbre qui cache la forêt : en effet, au-delà, se profile la casse de l’accord des 35h, et plus généralement la casse du service public. La notion de rentabilité n’a aucun sens dans le domaine de la santé. Il est donc impossible pour un hôpital d’être en équilibre. Or, cette politique qui baisse les budgets amène les hôpitaux vers la banqueroute. Les conditions de prise en charge des patients, qui deviennent des clients, se dégradent. La santé en jeu !



Céline Piot, conseillère municipale (liste Mont2Gauche) à Mont-de-Marsan,

16 décembre 2015

 

 

 

 

La laïcité (volontairement) incomprise

 

Dans un contexte de successives et insupportables entorses au principe de laïcité par des élus de la République (je pense notamment à l’installation d’une crèche de Noël dans les locaux du Conseil général de Vendée et dans ceux de la mairie de Béziers, mais aussi à l’intégration d’une messe dans le programme municipal de la commémoration des 8 mai et 11 novembre à Mont-de-Marsan), un sondage Ifop (datant du 14 décembre 2014) pour Dimanche Ouest France révèle que 71% des Français sont plutôt favorables à la présence des crèches de Noël dans les administrations et bâtiments publics car « elles constituent un élément de tradition culturelle davantage qu’un symbole religieux. » Les sondeurs se permettent d’ajouter que c’est « sans surprise » que l’on trouve majoritairement les opposants à la présence de ces crèches dans les rangs du Parti communiste français et du Parti de Gauche « à la fibre laïcarde et de tradition anticléricale. »

Tout en étant édifiant, ce sondage est éclairant sur le manque de connaissances de ce qu’est la laïcité et de ce qu’est un élément culturel. Ainsi, au nom d’une laïcité qu’il faudrait désormais « ouverte » ou « positive » – alors que le mot « laïcité » se suffit à lui-même pour désigner notre cohésion sociale et républicaine puisqu’elle représente ce qui nous unit et non ce qui nous divise –, les élus pourraient commettre des actes incompatibles avec le principe de neutralité du service public ; au nom de la tolérance, les élus pourraient accorder une place supérieure à l’héritage européen chrétien au mépris des autres héritages dont nous sommes également issus (par exemple la civilisation gréco-romaine antique) ; au nom du culturel, adjectif que l’on détourne avec une facilité déconcertante, les élus pourraient mettre en avant le cultuel. Faut-il rappeler à ces élus qu’une crèche de Noël, ce n’est pas une œuvre d’art mais avant tout – ne l’oublions pas –, la célébration de la Nativité, donc bien un symbole chrétien ? Faut-il leur rappeler également que le catholicisme n’est plus religion d’État et qu’il n’a plus la primauté sur les autres cultes ?

Quant aux défenseurs de la laïcité et de la loi de séparation des Églises et de l’État datant de 1905 (et en particulier l’article 28), ils sont qualifiés par les sondeurs de « laïcards », mot abject et péjoratif. Rappelons en préalable que s’il n’y avait pas eu les « laïcards », nous en serions encore à un enseignement de classe où les enfants des familles modestes n’avaient pas droit à l’éducation. Mais ce qui est révélateur ici c’est le détournement du mot « laïcité ». À en croire l’institut de sondages Ifop, elle serait synonyme d’intolérance religieuse. Or, en permettant la liberté de conscience et l’égalité entre les différentes religions ainsi qu’entre les croyants et les athées, elle est tout le contraire. Elle évite de hiérarchiser les cultes, aucun n’étant considéré comme majoritaire ou minoritaire. Elle permet l’épanouissement de la personnalité de tous et laisse à chacun le droit de penser librement. Et c’est en cela que, si elle n’est pas antireligieuse, elle est bien anticléricale. Le cléricalisme, c’est l’influence politique du clergé qui cherche à intervenir dans les affaires publiques, c’est-à-dire à exercer le pouvoir temporel. La laïcité, étant l’émancipation qui permet aux croyants et aux athées de se reconnaître pleinement dans la puissance publique, ne peut donc être, par définition, qu’anticléricale. Où est le problème, messieurs les « anti-laïcards » ? Je pense qu’il est grand temps pour vous de réviser vos cours d’histoire, de droit et de philosophie…

 

 

Céline Piot,

conseillère municipale Front de Gauche à Mont-de-Marsan (Mont2Gauche),

15 décembre 2014

 

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